Du Golfe du Morbihan à Bonifacio en passant par Brest

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Sortie de l’eau

Du Golfe du Morbihan à Bonifacio en passant par Brest Voilà maintenant plus de 2 ans que je suis en possession de PEN COAT, un Corsaire Mallard de 1961 portant le numéro 10665. Il est plus vieux que moi !
Il fut d’abord PAPIEMPOCH de Bernard et Sylvie. Après l’avoir cherché au club de Vaux sur Seine, il a fallu beaucoup d’huile de coude pour rénover ce bateau, refaire l’étanchéité, poncer, mastiquer puis finalement repeindre, etc…
C’est un travail un peu fastidieux qui a pris quelques mois pour cette première phase (l’extérieur du bateau) mais intéressante, une façon de découvrir ce bateau et de le façonner selon son envie.
Mais l’été arrive ! On arrête de bricoler et direction la Bretagne pour le golfe du Morbihan !

Je connaissais déjà ce bel endroit pour y avoir navigué en dériveur et catamaran, mais là, forcément cela va changer. Effectivement, faire découvrir à mon épouse Muriel et à mon fils Florent ce nouveau type de vacances laissera de sympathiques souvenirs, l’île aux Moines, les accostages sur diverses plages puis manger, dormir dans le bateau furent des expériences nouvelles.

Autre surprise ; découvrir le capital sympathie que possède ce bateau , j’en ai pratiqué des séries mais là , c’est très fort. Tous les jours des passants m’interpellent ;

– C’est un Muscadet ?

– Non c’est un Corsaire.

– Ah oui, ça y est, je naviguais là dessus quand j’étais jeune.

Ou alors, en arrivant sur le ponton de l’île aux Moines :

– Oh un Corsaire ! on naviguait et dormait dedans à quatre dans les années 60.

et la conversation s’enchaîne… (maintenant , ils ont un plus gros bateau!)

Pour 2011, je m’arrête là, Peu de bricolage l’hiver (cela suffit). Je reprends la navigation en 2012 avec cette fois-ci un périple sur les îles CHAUSEY !
Eh oui, le normand que je suis se doit de réaliser cette traversée, magnifique archipel ou l’on béquille ,on se balade, on pêche, il y a même un sympathique restaurant.
Il y a eu le National à la Trinité sur Mer, première régate en Corsaire, nouvelle expérience avec des courses réalisées sur de longues distances.
Puis aussi le Val de Rance avec un béquillage à Saint SULIAC et toujours, un passant, le seul sur la plage déserte de ce beau village qui me raconte ses navigations en Corsaire en attendant la marée montante pour repartir sur PLOUER sur RANCE !

Pendant l’hiver 2012-2013, c’est parti pour le bricolage à l’intérieur du bateau. Alors on démonte le plancher avant, les lattes des 2 couchettes bâbord et tribord, on nettoie, on ponce, on protège les fonds.
Il en avait besoin et toujours la peinture, les vernis. J’en profite pour revoir l’accastillage.
Bon d’accord, il faut être un peu contorsionniste mais toujours le plaisir de découvrir comment est construit un Corsaire. En tous cas, on finit par le connaître de fond en comble ou presque !

Cette année, comme toujours, les petites croisières du week-end. et je fais découvrir à mon petit cousin, Gaël, le Corsaire sur le canal de Caen à la mer.
Après quelques sorties à Ouistreham, rien que pour s’entraîner un peu , nous voilà à Brest , la régate qu’il faut faire, parait-il !
Eh bien, il n’a pas été déçu, lui qui est habitué au catamaran a découvert une autre façon de régater et de vivre d’autres instants tels que; effectuer de longs bords de travers, de portant, de prés ainsi que béquiller à Lanvéoc, passer la nuit à bord.
Au National, il y a les équipages bizuts , et bien moi j’ai eu mon équipier bizut , il en est sorti ravi, Gaël.
Deux jours après le National, nous voilà en famille, mon épouse et mon fils Florent, à bord du car-ferry à Marseille et bien sur, PEN COAT à bord .Le bateau est dans le bateau, en quelque sorte !

Cette fois-ci, c’est un projet de longue date qui se concrétise et nous voici au matin à Porto Vecchio en Corse.
Mise à l’eau du bateau à la cale et entrée dans ce port pour trouver une petite place au ponton.
On constate un grand nombre de vedettes à moteur et quelques voiliers de grandes tailles, bref, une ambiance à la « St Tropez » .les apponteurs font soit disant le mieux possible pour nous loger !
Puis en passant de ponton en ponton, nous rencontrons un monsieur qui, sur son beau voilier de 20m nous interpelle :
« Mais c’est un Corsaire , Ooooh c’est magnifique , Bravo ! »
Il interpelle l’apponteur : « Jeune homme, ce bateau est un Corsaire , cela mérite respect »
Alors, dans la minute qui suit, nous avions une place, c’est pas fantastique non ! Nous voilà donc installés pour la première journée au port pour préparer notre croisière.

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Au départ de Porto-vecchio avec Florent à la barre.

Le lendemain, départ de Porto Vecchio et nous voilà parti, pour quelques miles en longeant de magnifiques paysages de bord de mer pour arriver dans la petite baie de Santa Giula !
Bon, d’accord, nous sommes en plein mois d’août, il y a beaucoup de bateaux et les places de mouillages ne sont pas vraiment disponibles et puis là, on n’a pas le droit de mouiller l’ancre pour cause de protection de l’environnement.
Mais qu’importe, après une bonne heure de tours en rond dans l’eau et après discussions avec les gestionnaires de plan d’eau, nous voilà amarré à une bouée. Mise à l’eau de la petite annexe (très petite l’annexe), mais suffisante pour rejoindre la plage et enfin nous

profitons d’une bonne baignade méritée.
Il y en avait du monde, ce jour là dans cette baie, les plages bondées, des bateaux partout, des engins exotiques, bref une ambiance très plage. Enfin, le soir venu, apéro et repas à bord dans une ambiance beaucoup plus calme.

Cette belle baie, finalement trop proche de Porto Vecchio, et aspirant à un mouillage plus tranquille, nous décidons de rejoindre la baie de Rondinara. Ce jour-là, force 4 à 5 annoncée, donc pour naviguer serein, prise de ris pour la grand voile et foc N°1.
Et l’état de mer ? C’est force 6 ? Non, c’est la Méditerranée, un vent pas toujours forcément en adéquation avec la hauteur des vagues et sur ce coup là pas de regret d’avoir réduit la voilure.
Nous arrivons presque à surfer sur les vagues, léger mal de mer annoncé pour l’équipage familial et arrivons à bon port à Rondinara. Il était temps.

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Sur la plage de Rondinara

Cette baie , est fort sympathique et offre un bon abri .C’est comme un petit port naturel et ainsi, nous accostons sur une de ces plages , sous le vent , et là le miracle s’opère , eau bleue turquoise, sable chaud, et même ambiance tranquille. Et ici, personne pour nous imposer quoi que ce soit pour les zones de mouillage. Bref, la liberté et nous voilà prêt pour une balade dans les terres, la baignade, les pique-nique et petit déjeuner sur la plage.
Les jours suivants, c’est Bonifacio, avec la fameuse bouche au nom de cette même ville , et toujours un peu de houle, attention aux hauts fonds pouvant se présenter dans ce secteur, mais en arrivant la mer se calme à 2, 3 miles de notre destination. La seule houle qui reste est celle des allers et venues de ces grosses vedettes à moteur qui ne font pas de sentiments à notre Corsaire et à l’équipage que nous sommes.
Superbe est l’arrivée au port de Bonifacio, presque magique, avec les falaises surmontées de la vielle ville fortifiée.
Nous trouvons avec aisance une place au port et toujours de sympathiques touristes me
demandant ; « C’est un VAURIEN ? Non c’est un Corsaire et toujours la conversation s’enchaîne.
Puis une personne nous interpelle ; « vous avez participé au National de cette année ? »
« oui » je réponds. C’est Sébastien, skipper de LUCIOLE, qui vient nous rendre visite et nous souhaite avec sympathie la bienvenue. Comme quoi, le monde est petit… !

Les jours suivants seront dédiés au tourisme et l’aventure maritime s’arrêtera dans cette très belle ville. PEN COAT sera sorti de l’eau et servira de remorque pour le camping, ce sera la suite des vacances pour un voyage à l’intérieur de la Corse, une autre Aventure !

ÉRIC,MURIEL & FLORENT
ÉQUIPAGE DE PEN COAT
FRA 10665